Ce que cache le cas Ntumba Luaba
jeudi 3 novembre 2016

* Sept ans après sa confession, le Rais peine toujours à avoir des hommes pour construire un Régime
L’ancien Secrétaire éxécutif de la Conférence internationale pour la Région des Grands lacs (CIRGL) de la RD Congo, Alphonse Ntumba Luaba, a trouvé une formule, pas très originale, pour effectuer sa sortie officielle d’Opposant au régime de Joseph Kabila. Intervenant dimanche 30 octobre dans une émission de Radio Okapi, l’has been Secrétaire éxécutif de la CIRGL a ouvertement critiqué le soutien diplomatique des Chefs d’Etats des pays membres de cette organisation régionale à Joseph Kabila, à l’issue du sommet conjoint SADC-CIRGL, tenu du 25 au 26 octobre dernier à Luanda.

" Je peux me demander pourquoi la CIRGL n’a pas voulu se référer au protocole sur la démocratie et la bonne gouvernance qui parle des périodes d’organisation des élections et qui demande à ces Etats membres de faire en sorte que les élections respectent les périodes telles que fixées par les Constitutions de façon à ce que le Chef de l’Etat soit élu pendant ces périodes-là et les contentieux électoraux soient vidés à temps pour que le nouveau président élu s’installe dans le délai constitutionnellement fixé ", dit Ntumba Luaba en français facile.
Par ailleurs, il fait remarquer que la messe de Luanda a délibérément fait fi, à défaut de l’ignorer, du protocole sur la démocratie et la bonne gouvernance de la CIRGL dont des chapitres entiers traitent de l’organisation des élections dans les délais Constitutionnels. Et, sans le moindre euphémisme, l’ancien ministre de la Justice de Laurent-Désiré Kabila, accuse les chefs d’Etats réunis dans la capitale angolaise de manque de culture des textes. " Nous n’avons pas la culture des textes au niveau des organisations régionales. Que puis-je faire ? Je constate. " Il termine par là.
Personne, en tout cas personne n’en voudrait au Prof. Comme n’importe quel Congolais, Alphonse Ntumba Luaba a le droit d’avoir ses propres opinions et même de les changer. Ceci équivaudrait à un changement de camp. Ici encore, on devrait lui reconnaître ce droit. Mieux, cette liberté. Cependant, ce cas semble emblématique pour le régime de Joseph Kabila. Dans son édition du 1er novembre en cours, un confrère s’est même interrogé, se demandant s’il ne se posait pas un problème de casting. Mais pour le coup, c’est bien plus qu’une erreur de casting. Il s’agit plutôt de l’incapacité de faire un régime. La vérité, c’est qu’autour de Joseph Kabila, oscillent ou gravitent plusieurs écuries qui ne fédèrent pas pour construire un régime. Loin s’en faut !

SEPT ANS APRES SA CONFESSION SUR FOND DE REGRETS
Dans un entretien accordé au journal américain New York Times, publié le 15 avril 2009, le Président Joseph Kabila avait déclaré, entre autres : « Notre plus grande erreur, c’est que nous n’avions pas trouvé assez de temps pour transformer et former nos propres cadres. On n’a pas besoin d’un millier de personnes pour transformer un pays. Non, on n’a besoin que de 3, 4, 10, 15 personnes avec des convictions, déterminées et résolues. Ai-je ces 15 personnes ? Probablement, 5, 6, 7 mais pas encore 15 », s’était désolé le Raïs rd congolais. Le Chef de l’Etat qui, à l’époque, était à sa huitième année de pouvoir et à la troisième année de son tout premier quinquennat, s’était ainsi plaint de n’avoir pas suffisamment de compétences susceptibles de l’aider à transformer en profondeur la République Démocratique du Congo. Depuis ces déclarations, qui avaient tout l’air d’une confession, sur fond de regrets, Joseph Kabila ne s’est jamais dédit.
La réalité parait bien tout autre. Lorsque le Président de la République dit qu’il manque quinze personnes pour transformer la RD Congo, ce ne sont pas des gens qui manquent. Plutôt le régime parce qu’autour du Rais, chaque dignitaire nommé constitue sa propre cour et non celle du Régime. Au lieu de construire la cathédrale, chaque personnalité érige sa propre église. Dans ces conditions, il ne serait donc plus étonnant qu’il y ait des constellations isolées qui gravitent ou oscillent autour du Chef de l’Etat qui est l’incarnation même du régime. Au-delà de toute la littérature sur ses typologies, un régime politique est compris comme étant "un mode d’organisation d’un Etat". C’est aussi la manière de gouverner et d’administrer un Etat. Partant de cette notion, tous ceux qui participent à un régime font corps. On l’a vu sous feu le maréchal Mobutu. Le régime avait ses fils. Le Président Mobutu avait ses hommes.

A CHAQUE DIGNITAIRE, SA COUR
Au-delà de nos frontières, le cas ivoirien est plus qu’éloquent. On a vu des inconditionnels du régime de Laurent Gbagbo qui se sont battus bec et ongles jusqu’à la dernière minute du régime. Et dire qu’ils n’ont jamais lâché prise jusqu’à ce jour. En dépit du fait que Laurent Gbagbo soit emprisonné, ceux qui avaient constitué le régime avec lui continuent à maintenir allumée la flamme de leur combat idéologique. C’est-à-dire que ces anciens dignitaires du régime ivoirien sous Laurent Gbagbo pérennisent le régime sans Gbagbo. Et, ils l’ont encore démontré dans leur campagne contre le référendum constitutionnel. Quand bien même qu’ils ne l’auraient pas emporté in fine, du moins l’histoire retiendra que les bonzes du Front populaire ivoirien (FPI) n’avaient pas laissé le champ libre aux auteurs de cette initiation, en appelant tous ses partisans à empêcher l’instauration d’une nouvelle Constitution. Résultat, seuls 42% d’ivoiriens se sont rendus aux urnes.
A la lumière de ce cas, il se trouve avéré que tout le malheur du Président Kabila aura été d’avoir autour de lui, des gens placés à des postes clef, mais qui n’ont pas dans leur ADN l’idéologie Kabila. Dès lors, si le problème de casting se pose, on peut aisément conclure que ce problème est originel. Alors, que cache en réalité le cas Ntumba Luaba ? Poser cette question, c’est à la fois y répondre. C’est que sept ans après sa confession, le Président Joseph Kabila peine toujours à avoir des hommes pour faire un régime. Son régime. Grevisse KABREL

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