PORTRAIT
Isso Motema : « Je suis un artiste caméléon »
vendredi 25 avril 2014

Son aura a franchi les frontières de la République démocratique du Congo. Chouchou des chaînes câblées, Isso Motema est prisé par un public en majorité jeune. Branchés, ces fans adorent sa musique et n’hésitent pas à prendre d’assaut les sites où il livre ses concerts. Fin danseur, chorégraphe de talent, ce chanteur à la voix de rossignol charme ses nombreux admirateurs qui les voient à l’œuvre sur scène. Surtout quand ils l’entendent fredonner « Dix à zéro », la toute récente chanson fétiche qu’il a chantée avec Noël Ngiama Werrason et dont les clips sont balancés en boucle sur « Trace Tv ».

Révélé au monde lors du concours continental « Africa Star » en 2010, Isso Motema est une de valeurs sûres qui drainent derrière lui la richissime culture musicale congolaise. Discret pourtant sur sa vie privée, exigeant l’anonymat sur son identité, Isso est un artiste musicien qui porte les gènes de plusieurs cultures.
Ce mixage se fait ressentir dans sa musique et même dans sa manière d’être. Il a su marier à la perfection deux styles de musique atypique : la Rumba et le Rnb. Ce mélange, dont il détient seul le secret, semble être apprécié des Congolais qui viennent en masse dans ses productions.
Fils d’un père médecin et d’une mère professeur d’université, Isso (sobriquet reçu à l’école pour le différencier d’un de ses professeurs homonymes) se réclame Congolais, malgré sa naissance en Suisse. Ce métissage transparait d’ailleurs sur son look qui allie à la fois la culture africaine et la touche occidentale.

Artiste polyvalent, musique diversifiée

Avoisinant le 1,70 mètre, cet artiste coquet, élégant, a embrassé la carrière musicale dès le bas âge. Sa passion pour l’art d’Orphée a toutefois été tempérée par son père qui tenait à le voir faire de bonnes études. A cheval sur les continents africains et européens, il a réussi ainsi à décrocher sa licence en droit économique et social à l’Université protestante au Congo (UPC) et sa spécialisation en droit de la propriété intellectuelle à Liège (Belgique).
Etonnant ? Pas du tout, lorsqu’on a subi l’influence de Gatho Bivens et qu’on appartient à la famille de deux icônes de la musique congolaise, feu King Kester du côté de son père et feu Tabu Ley du côté de sa mère. Quoi de plus normal !
Avec un « loketu » (hanche) flexible et malléable, cet artiste musicien de moins de 30 ans, maîtrise à merveille le « mutuashi » (danse de l’ethnie luba) et le folklore mongo, bien qu’originaire de la province du Bandundu. « Je suis un caméléon », se plaît-il à dire, en référence au titre de son dernier album. Polyvalent, l’auteur compositeur de « Caméléon », qui a associé Werrason et Nathalie Makoma dans certaines de ses chansons, oscille entre les rythmes mongo, luba, en passant par la rumba, le Rnb…

Extraverti sur scène, introverti en privé
Extraverti sur scène, Isso Motema est curieusement introverti dans sa vie privée. Ceux qui le côtoient le trouvent étonnamment timide et réservé à la maison, cherchant à passer inaperçu devant les gens. Cette image contraste avec celle d’un Isso lucide, conquérant, vivace sur écran. Un Isso exalté par un sentiment d’invincibilité qui orne nos postes téléviseurs.
« Il est difficile de concilier les deux personnages, avoue-t-il. Certaines fois, je m’étonne en faisant des choses positives que je ne me croyais pas capable. Je garde la tête sur les épaules et reste un homme équilibré grâce à l’éducation reçue de mes parents ».
Derrière ses lunettes teintées, qui dissimulent ses yeux noisettes et son regard captivant, l’œil attentif décèle une éducation non seulement « stricte », mais également une ferveur religieuse. Interrogée, la vedette du petit écran reconnaît avoir été marquée par un accident de circulation qui a failli mettre un terme à sa vie en décembre 2012. Son salut quasiment miraculeux a raffermi davantage sa foi.
« On a tendance à se croire très grand lorsqu’on fait des choses qui réussissent. Mais, lorsqu’on est confronté à une situation difficile, on se rend compte du contraire. Nous nous apercevons réellement que nous ne sommes pas maîtres de notre vie. Il y a un Dieu qui nous protège », confesse un Isso très ému.

Rumba-Rnb, un style nouveau
A cheval entre la France et la RDC, l’artiste musicien Isso Motema a acquis assez d’expériences sur les deux cultures pour « créer la Rumba-Rnb ». Un style de musique issu du mélange de la rumba congolaise et de la structure du Rnb occidental. Une guitare basse accompagne désormais des batteries à caisse lourde sur une chanson structurée couplet-refrain-couplet. Cette façon de faire est, non seulement agréable à l’oreille, mais permet également de véhiculer des sentiments et des émotions avec une cohérence sans faille.
« Je souhaite faire partie de la nouvelle génération des Congolais, c’est-à-dire des personnes qui excellent dans les valeurs et la propagande de leur culture, tout en ayant un œil ouvert sur l’Occident. J’aimerais devenir un acteur prépondérant dans la réforme de l’industrie musicale congolaise », promet-t-il. Rodrigue MATUMONA/Stagiaire IFASIC Et Yves KALIKAT

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