AU-DELA DU COMPROMIS SUR LA DUREE DE LA TRANSITION, LE SORT POLITIQUE DU CHEF DE L’ETAT…
Centre interdiocésain : inscrire le rejet de la violence dans la charte en gestation
mercredi 28 décembre 2016

*Dans un pays post-conflit comme la RD Congo, la barbarie peut donner des idées aux boutefeux.
Les pourparlers du Centre interdiocésain poursuivent leur bonhomme de chemin. Cependant, au sein de l’opinion, l’intérêt semble baisser au fil du temps. Plus les jours passent, plus l’attention de nombre de Congolais à ces discussions décroit. Plusieurs raisons justifient cette attitude. La plus importante est que les Congolais en savent désormais un peu plus sur ces négociations politiques qui ont fait sensation à leur ouverture. En attendant la signature de la Charte finale, l’opinion locale est déjà au courant de certaines résolutions prises par les deux camps. Il s’agit, entre autres, de l’engagement pris par tous de respecter la Constitution, la durée de la transition, du sort politique du Président Joseph Kabila, constitutionnellement fin mandat depuis le 20 décembre.

Que les deux camps reconnaissent au Raïs la fonction de Président de la République, jusqu’à l’élection et l’installation effective de son successeur, ils auront ainsi fait preuve du respect de la Constitution. Spécialement son article 70 qui stipule dans son alinéa 2 : " A la fin de son mandat, le Président la République reste en fonction jusqu’à l’installation effective du nouveau Président élu. " Que les signataires et les non signataires de l’Accord politique du 18 octobre dernier, en arrivent à accorder leurs violons sur les prochaines échéances électorales, personne n’aurait rien à leur reprocher. Car, la tenue des scrutins est tout ce qui préoccupe actuellement les Congolais.
Cependant, au-delà du compromis trouvé ou à trouver sur des questions importantes, considérées comme le nœud de la crise politique actuelle, un devoir s’impose. Il s’agit, pour les deux parties, de s’engager résolument à bannir la violence. Toute la violence. Partant, le rejet de la violence par principe, devrait figurer clairement dans la nouvelle charte devant sanctionner les pourparlers du Centre interdiocésain. Plusieurs raisons justifient cette renonciation à la barbarie. La première, c’est que la victime est la même : le peuple. Le petit peuple. Car, chaque fois qu’une partie du territoire nationale sombre dans la violence, c’est la population qui paye le lourd tribut, alors que les acteurs politiques se retrouvent par la suite pour chercher un terrain d’entente. Entretemps, des centaines d’âmes auront déjà été fauchées. Pourtant, comme aime si bien le dire Vital Kamerhe, il y avait lieu de faire l’économie de la violence en négociant avant.

DES PILLAGES DE TROP
Outre des cas de décès chaque fois déplorés, la violence en RD Congo débouche souvent sur des actes de pillages. Ces destructions des infrastructures économiques induisent le chômage de masse. Une fois de plus, c’est encore le même petit peuple qui se retrouve sans aucune source de revenu. Pays post-conflit, la République démocratique du Congo l’est. Encore faut-il reconnaître que le pays n’est pas encore totalement pacifié. Les récentes atrocités de Beni, dans la province du Nord-Kivu, en rappellent nos souvenirs. Ces vagues de tueries sont souvent perpétrées après des séquences de violence. Ceci amène à conclure que ce sont ces scènes de barbarie qui donnent des idées aux boutefeux. Partant de cette triste expérience de l’histoire politique du pays, les protagonistes aux pourparlers du siège de l’administration de l’Eglise catholique en RD Congo se trouvent devant l’impératif d’inscrire le code de bonne conduite des acteurs politiques dans le document. Ce, pendant et après la Transition.

"SEPTEMBRE NOIR", "OURAGAN DE JANVIER" "TEMPETE DE DECEMBRE"…
La transition démocratique congolaise a connu une touche particulièrement déroutante avec la vague destructrice des pillages qui secoua la ville de Kinshasa les 23 et 24 septembre 1991, avant de se poursuivre dans d’autres provinces du pays. Ces émeutes aujourd’hui passées à l’histoire avec diverses appellations : "septembre noir à la kinoise", "tempête de septembre", "ouragan de janvier"…ont connu un réel retentissement tel qu’ils ont constitué un temps ultime dans la rupture avec la chronologie de la dictature du régime du défunt maréchal Mobutu. Plus qu’un symbole, ils ont été la révélation d’une crise, on s’en doute, plus profonde de la société zaïroise en ce début du processus de démocratisation. Ils étaient aussi la concrétisation de cette métaphore hautement significative qu’un truand politicien de l’époque, feu Bernardin Mungu lDiaka lâcha dans l’une de ses envolées oratoires : "Mboka oyo ezali likolo ya cric" ".Comme pour sous-entendre que le Zaïre de l’époque était susceptible de craquer à tout moment.
Cet acteur politique, rendu célèbre à Kinshasa à cause de son sens de l’humour, n’avait pas cru si bien dire les choses. Pourtant. Deux ans plus tard, la capitale du Zaïre sombra dans de nouvelles émeutes : les pillages du 28 janvier 1993. Depuis, la ville continue à porter les stigmates de sa destruction par ses propres fils. Les 19, 20 et 21 janvier 2015, la capitale a connu un décor funeste, consécutif aux pillages. Plusieurs dizaines de manifestants trouvèrent la mort lors de ces émeutes. Comme si ces cycles de violence ne suffisaient pas, les 19 et 20 septembre 2016, Kinshasa écrit une nouvelle page noire de son histoire. Des émeutes éclatent dans la ville. Le bilan fait état de plusieurs morts et d’importants dégâts matériels. Pas tout. La tempête qui a secoué la capitale rd congolaise les 19 et 20 décembre 2016, vient s’ajouter sur ce tableau suffisamment noir de l’histoire politique récente du pays. Un triste héritage dont nul politicien n’accepterait être le gardien. Moralité, en ce moment crucial où la République démocratique du Congo s’apprête à écrire une nouvelle page de son histoire, il s’avère indispensable de penser aux garde-fous.
Dès lors que l’organisation des élections en RD Congo, rime avec des suspicions, des accusations gratuites incitant la population à des actes d’incivisme…il est alors temps de dire clairement NON à la violence. Ce donc à quoi les négociateurs du Centre interdiocésain devront s’engager.
L-Grevisse KABREL

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