GENEVE
Le prix des droits de la femme 2018 décerné à Julienne Lusenge
lundi 26 février 2018

{{La journée du mardi 20 février restera inoubliable pour une digne fille de la République Démocratique du Congo, activiste des droits des femmes. Julienne Lusenge présidente nationale de la solidarité féminine pour la paix et le développement intégral (SOFEPADI) a, au cours du sommet de Genève 2018 sur les droits de l’homme et la démocratie, reçu le prix « 2018 international Women’s Rights Award ». Elle a été recompensée pour son accompagnement des femmes victimes de violences sexuelles à travers un soutien financier, médical, moral et juridique qui porte des fruits. Ce prix récompense plus de 30 ans de travail acharné de cette activiste sur le terrain et de toutes les femmes congolaises pour la restauration de la paix dans les communautés. }} Julienne Lusenge a indiqué lors de la réception du prix: « Nous devons travailler pour la paix afin de lutter contre toutes les autres formes de violence faites à la femme ». D’après elle, les femmes congolaises, leurs enfants, toutes les populations congolaises ont beaucoup souffert. « Les violences sexuelles, c’est comme une toile d’araignée. On identifie les victimes par leurs membres des familles et vice-versa », a souligné cette activiste des droits des femmes. {{ PRISE EN CHARGE DES VICTIMES}} «Dans le cadre de sa mission de promouvoir la paix et de défendre les droits des femmes, SOFEPADI travaille dans la résolution et transformation des conflits», a expliqué cette militante devant les diplomates et les défenseurs des droits de l’homme du monde entier, réunis à Genève. Cette Ong dispose d’un centre médical moderne à Bunia, dans la province de l’Ituri. Ce centre offre les services holistiques aux victimes. Il s’agit entre autres de la prise en charge médicale, psychologique, socio-économique, judiciaire et juridique. Cela, grâce à la sensibilisation dans les villages et à travers les radios communautaires locales, a-t-elle précisé. Sofepadi s’occupe aussi de la mobilisation de la population pour soutenir et accompagner les victimes, a soutenu Julienne Lusenge. D’après elle, les victimes connaissent le travail de SOFEPADI et viennent demander les services. A ce sujet, cette organisation paie les frais de transport, de justice pour permettre aux victimes de venir et retourner sans problème dans leurs villages. « Nous payons aussi les émoluments des avocats qui assistent les victimes en justice. Sans oublier les frais d’accouchement et des soins des fistules, car leurs médecins ne sont pas encore formés», a-t-elle fait remarquer. «Les enfants nés du viol ou victimes du viol sont scolarisés par SOFEPADI, et nous assurons une écoute active et un suivi permanent par un psychologue», affirme-t-elle. {{ LA REPARATION, GRAND DEFI POUR SOFEPADI }} Aux dires de Julienne Lusenge, les victimes sont constituées en groupe de pression pour participer à la lutte. Elles suivent leurs dossiers au tribunal, formées en groupe de solidarité, assistent aux audiences et sensibilisent les autres à dénoncer. « Nous transformons les victimes en survivantes. Certaines apprennent les métiers, d’autres exercent les activités génératrices de revenus », a-t-elle évoqué. Ainsi, elles offrent leurs services à la communauté et s’intègrent. Par ailleurs, SOFEPADI lutte contre l’impunité des crimes de violences sexuelles et sexo-spécifiques. Dans son actif, plusieurs dossiers gagnés aux tribunaux nationaux. Certains auteurs de ces forfaits sont en prison. Malheureusement, d’autres s’évadent de la prison, a-t-elle déploré, avant de lâcher : « Le grand défi reste la réparation ». SOFEPADI a été créée à Bunia, dans la province de l’Ituri, en avril 2000, à la demande des femmes de cette partie du pays en proie aux conflits armés. C’est ainsi que Julienne Lusenge, animatrice d’un programme d’éducation aux droits, à la justice et à la santé dans une radio communautaire de la place et ses collègues ont décidé de travailler pour la paix, et la promotion des droits des femmes et des filles. L’élément déclencheur de ce combat pour la justice était le viol d’une fillette de 3 ans par 4 adultes. La petite avait succombé sur le champ à Béni en 2002. {{Mathy MUSAU}}
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